- Un quart des français qui se sont exprimés aux européennes pensent que le problème c'est les autres et fantasment un monde qui ne reviendra jamais. Ca fait froid...et aussi ça fait un peu pitié pour nous tous.
- L'homme du pain au chocolat n'a pas vu passer 22 millions, heureusement que Libération était là pour l'aider. Ceux qui étaient pour la tolérance zéro se retrouvent plein de mansuétude et de prudence quand il s'agit de juger les leurs. Les mêmes quand il s'agit de punir les gueux sont partisans des réponses dont l'échec coute tant à tous...comme s'ils n'avaient jamais essayé de mettre en place leurs "solutions". Confortant au passage l'adage qui veut que le problème soit parfois dans la solution.
- Des jeunes qui sont nos enfants expriment leur révolte, leur besoin de sens et de dévouement en allant se jeter, voire participer à une boucherie à laquelle ils ne comprennent - comme tout le monde - pas grand chose. Cela renforce tous ceux qui pensent juste de jeter l'anathème sur la croyance qu'ils partagent avec tant d'autres (pourtant premières victimes de cette terrible lutte qui traverse le monde comme leur religion).
- Au nom d'une haine immémoriale dont les ravages insensés du siècle dernier auraient du nous vacciner définitivement, on voit s'élaborer des ententes improbables dont un richissime humoriste qui a cessé d'être drôle constitue un sinistre point cardinal.
- Alors même que nous vivons dans les sociétés qui permettent l'expression la plus large par le plus grand nombre de canaux, nombreux sont ceux qui voudraient nous faire croire que le sommet de la liberté tiendrait dans celle de dire tout haut...ce qui fait mal, ce qui blesse, ce qui humilie, ce qui met à l'écart, ce qui incite à la haine sous prétexte de pensée libre.

Bref, la colère de tous contre tous ne parait pas partie pour créer autre chose que de la colère au carré de tous contre tous.

- Dans l'action publique, les plans d'action destinés à améliorer tout ce qui doit l'être succèdent aux plans d'action qui devaient améliorer ce qui devait l'être. Mais on ne sait pas où seront les régions et les départements demain. Ni comment on financera tout ce qu'on continue de voter comme devant être fait. Alors même qu'en différents domaines, c'est le minimum souhaitable qui manque déjà.

- La courbe du chômage est douce...mais son orientation et la réalité qu'elle sous tend sont impitoyables et font craindre pour tous les efforts collectifs que nous avons fait depuis l’après guerre pour améliorer nos conditions de vie.

- Des autorités de contrôle contrôlent mais quoi ? Elles passent bien souvent à coté de l'essentiel qui peine à rentrer dans les grilles par lesquelles on leur demande de rendre des comptes. - Elles confirment régulièrement des instructions dont tout le monde voit qu'elles sont problématiques, irréalistes voire maltraitantes mais ce sont les instructions. Et parfois quand on voit la difficulté de certains à résister à de toutes petites pressions, on se demande avec angoisse ce qui se passerait dans un contexte plus tendu.

Et pourtant au quotidien, on voit plein de belles choses. - Des gens coopérent, réfléchissent, ne se précipitent pas sur la responsabilité des autres, améliorent ce qui peut l'être. Des gens se saluent, s'apprécient, apprennent à se connaitre, vivent ensemble même si par ailleurs, on nous dit que c'est impossible.

- Des penseurs divers nous aident à y voir un peu plus clair, à comprendre les lignes de tension, à repérer des lignes d'évolution auxquelles il vaut la peine de se référer.

- Les efforts collectifs produisent des évolutions observables dans les pratiques organisationnelles et professionnelles dont on peut être satisfaits et même fiers. Dans les structures les plus confrontées à la grande détresse, je ne cesse de voir des effets humanisants positifs de ces réflexions.

-Dans les institutions qui produisent les politiques publiques, de nombreux acteurs continuent à penser ce qu'ils font, à créer à partir des ressources qu'ils peuvent mobiliser, à chercher à encourager le travail mené.

Il n'est pas facile de parler de tout cela dans le contexte actuel...pourtant il le faudrait aussi.

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