Quand on s'intéresse à la manière dont les politiques publiques considèrent les personnes dont elles se préoccupent, on ne cesse d'être frappé par le contraste grandissant entre des approches largement compassionnelles (les personnes âgées, les personnes handicapées, les enfants...) dans lesquelles l'accent est largement mis sur la nécessité de bientraitance et des approches largement plus fondées sur le soupçon concernant les demandeurs d'emploi, l'aide sociale, et quelques autres catégories. On note au passage comment la protection de l'enfance est largement traversée par ce clivage qui scinde entre une approche souvent un peu édénique de l'enfance et une vision facilement persécutrice des adolescents dits "délinquants" et plus généralement des jeunes.

Arrivant en réaction aux propos entendus pendant la campagne présidentielle, le rapport de l'ONPES arrive à point nommé pour déconstruire et infirmer la vision très caricaturale que nombre de discours ont porté sur ces réalités. L’obscénité de nombre de discours entendus (par exemple de la part d'un exilé fiscal récent, ami des despotes, estimant qu'on assiste trop en France) fait système avec une plainte générique de gens dont la situation parait pourtant enviable (voir le blog d'Yves Faucoup - Pauvres de nous: les riches ne sont pas aimés!).

Bref, loin de ces discours d'invective publique qui pensent que nos problèmes sont d'abord ceux générés par les plus faibles, cela fait du bien de lire des textes d'une autre inspiration et qui invitent à changer le regard sur des démarches qu'il est légitime de considérer comme de l'investissement social.

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